C'était il y a longtemps

C'était il y a longtemps

G. Roques "Paradoxes en Languedoc-Roussillon: une région surfaite?" http://bit.ly/b46kdE #geographie cc @olympedulez

— Yann Calbérac (@yann_c) 13 Octobre 2010

C’est sur les marges des compétences classiques qu’il faudra être efficace et innovant. Or, et contrairement à ce que l’on pouvait attendre, les programmes des candidats évoquent surtout les compétences habituelles, alors que les nouvelles ne sont pas encore décidées sinon réellement définies. Il faudrait au moins créer une agence internationale de haut niveau dont il faut choisir le site avec précaution : une ville bien située, rapidement accessible, bien identifiée en Europe et dans le monde, avec des services de haut niveau aux entreprises. La région a aussi l’avantage d’être étendue. C’est un plus en termes de potentialités énergétiques (éoliennes, solaire, agricoles), mais il y a aussi des inconvénients auxquels il faut s’attaquer rapidement. Ce territoire est à recoudre en limitant les fractures spatiales et numériques.

Et accessible

Nos territoires doivent être très accessibles : une vraie ligne LGV vers l’Espagne et une autre indispensable entre Montpellier et Toulouse, alors que le gouvernement vient t d’acter Bordeaux/Toulouse. Où est la logique entre la réforme régionale et le schéma directeur de mise en place du ferroviaire ? Cette région peut- elle vivre, et si possible, mieux vivre ? De toute façon, et sauf effondrement total, elle ne peut pas aller plus mal pour une grande partie de ses habitants pauvres ou en situation de grande précarité. Elle vivra d’abord parce qu’elle ne peut pas mourir et que, face à une conjoncture nationale et internationale, elle s’adaptera. Elle en a les ressources naturelles et humaines et les compétences. Cette perspective exclut d’entrée ceux des politiques qui veulent s’en tenir à une économie autarcique, aux dispositifs actuels encore trop peu tournés sur l’exportation qui est la seule porte de sortie.

Sous prétexte d’identité, on peut conduire les populations à se replier sur elles même, jusqu’à un irrédentisme dont on connait les dangers. Il faudra que les responsables politiques et économiques sortent rapidement de cette économie assistée qui n’est pas sans sous - attendus électoraux. La première condition du succès, c’est que cette grande région compte des élus capables de favoriser la dynamique des entreprises. Nous avons ici des chefs d’entreprise (Start Up, groupe Altrad, Airbus group…) et des chercheurs (robotique et dessins animés- santé agriculture…) capables d’innover et disons-le clairement, de vendre. Vendre, ce peut être choquant, mais c’est le seul chemin. La grande région, les grandes régions sauront ou ne sauront pas répondre aux défis auxquels elles seront confrontées.

Les enjeux sont planétaires

Comme l’on dit aujourd’hui, disposons-nous du logiciel nécessaire qui oblige à un changement de niveau spatial et à une meilleure articulation des niveaux décisionnels. Pourvu que les vieux démons des héritages, des postures dépassées (nous sommes les meilleurs), des pratiques anciennes, des querelles picrocholines ne reviennent pas. Les enjeux sont planétaires. Le niveau régional est-il le plus adapté à cette interrogation majeure et vitale ? En mai 1947, à l’ENS, Léon Blum rappelle la distinction établie dans les années 1920 entre "exercice, conquête et occupation du pouvoir". Aux citoyens d’être vigilants, autant au moment de la conquête, et plus encore au moment de son exercice. Sinon, le chemin ne sera ni tracé ni tenu